L’année 2017 confirme que les conditions de paiement n’évoluent plus

Sur la base des données comptables, les délais de paiement des entreprises restent stables en 2017. Les délais clients sont mesurés à 44 jours de chiffre d’affaires, les délais fournisseurs à 51 jours d’achats et l’écart entre les deux (le solde commercial) à 11 jours de chiffre d’affaires.
Des différences sectorielles marquées résultent essentiellement de la nature de clientèle.
Près d’une entreprise sur trois supporte des paiements à plus de 60 jours. La croissance des ventes enregistrées entre 2016 et 2017, combinée au maintien de la part des créances clients réglées en retard, engendre une augmentation des encours de créances clients concernées et un coût de trésorerie accru.
Ce déficit de liquidité est estimé à 19 milliards d’euros pour les petites et moyennes entreprises (PME). À l’inverse, les grandes entreprises bénéficient d’un transfert de trésorerie de 13 milliards d’euros. Elles sont plus de la moitié à régler leurs fournisseurs avec retard.

1. Une nouvelle année de stabilité des délais clients et fournisseurs en 2017
 

Les délais de paiement continuent de peser sur les entreprises

Les délais clients représentent toujours 44 jours de chiffre d’affaires en 2017, et demeurent stables depuis six ans. Les délais fournisseurs, mesurés en jours d’achats, sont de 51 jours en 2017. Ils baissent nettement depuis 2007 (– 10 jours), mais se sont stabilisés sur les deux dernières années. En conséquence, le solde commercial reste figé à 11 jours de chiffre d’affaires. Depuis 2002, la baisse des délais de paiement n’a pas allégé la charge financière pesant sur les entreprises.

La baisse des délais de paiement observée depuis quinze ans impacte différemment les secteurs

Les délais moyens de règlement des clients varient significativement d’un secteur à l’autre. En 2017, ils sont compris entre 6 jours pour le secteur « hébergement et restauration », et 79 jours pour le secteur « information et communication ».

Une première explication découle de la nature de la clientèle des différents secteurs. Ainsi, ceux dont la clientèle est constituée d’une part importante de particuliers, réglant généralement leurs dépenses au comptant, sont en situation plus favorable que ceux dont les produits ou services constituent des entrants dans le processus de production d’autres entreprises. Dans ce second cas, l’entreprise cliente demande, en principe, un délai de paiement correspondant au temps nécessaire à l’incorporation du bien ou service fourni dans sa propre production.

D’autres facteurs peuvent déterminer la distribution des délais clients par secteur. Il s’agit notamment de la répartition par taille des entreprises dans chacun des secteurs, ou de la nature des prestations fournies et de leur positionnement dans le cycle de production des entreprises clientes. Ces deux derniers facteurs influent sur la capacité d’une entreprise à négocier les délais avec ses clients.
 

Les secteurs liés à des prestations de service aux entreprises pâtissent de leur positionnement dans l’appareil productif

Les secteurs « information et communication » et « conseils et services aux entreprises », qui présentent les délais clients les plus élevés (respectivement 78,9 et 75,3 jours), cumulent des facteurs défavorables. Ils ont en effet pour l’essentiel des clients professionnels. Ils sont en outre composés d’une part importante de petites entreprises et ont parfois affaire à de grands groupes, auxquels ils fournissent des prestations qui peuvent être perçues comme accessoires au sens où elles n’entrent pas toujours directement dans la conception ou la fabrication

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L’année 2017 confirme que les conditions de paiement n’évoluent plus
  • Published on 01/31/2019
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Updated on: 02/01/2019 10:41