1 L’endettement des ménages suit une trajectoire propre dans chaque grand pays de la zone euro depuis 2014
Un contexte macroéconomique propice à des évolutions hétérogènes entre pays en matière de patrimoine et d’endettement
Entre 2014 et 2017, la reprise progressive de l’activité à la suite de la crise de la dette souveraine dans la zone euro s’est progressivement étendue à l’ensemble des pays de la zone. Sur cette période, la baisse des taux d’intérêt a été de nature à exercer un effet à la hausse sur les prix de l’immobilier (cf. graphique 1).
Or les biens immobiliers constituent de loin la principale composante de la richesse des ménages. Ainsi, en 2017, la part dans le patrimoine des ménages des actifs réels – en grande majorité immobiliers – atteignait environ 81 % dans la zone euro, 80 % en France, 79 % en Allemagne et 87 % en Italie. La dynamique de la valeur des biens immobiliers détermine donc nécessairement et largement celle de la richesse des ménages (Arrondel et Coffinet, 2019).
Sur la période 2003-2017, les prix de l’immobilier dans la zone euro, en France, en Allemagne et en Italie, ont connu des dynamiques contrastées. Ils ont augmenté de 2003 à 2008 en France et en Italie, mais pas en Allemagne. À partir de 2008, ils ont continûment progressé en Allemagne. En France, ils ont évolué selon une dynamique plus heurtée, avec une diminution en 2009, une hausse entre 2009 et 2011, puis une lente décroissance, et enfin une remontée à partir de 2015. En Italie, ils ont également baissé en 2009, mais se sont ensuite stabilisés jusqu’en 2011, avant de diminuer sur la fin de la période (cf. graphique 1).
En fin de période (2016-2017), les coûts de financement des ménages de la zone euro ont atteint leur niveau le plus bas. Depuis la crise de 2008, les taux d’intérêt moyens des crédits immobiliers des trois principales économies de la zone euro affichent une tendance baissière très marquée, passant d’un peu plus de 5 % en 2008 à moins de 2 % en 2017 (cf. graphique 2). Depuis 2012, les taux des crédits immobiliers observés en Italie sont supérieurs à ceux des deux autres pays.
Des dynamiques d’endettement immobilier des ménages différentes entre pays
Dans ce contexte, l’endettement agrégé des ménages italiens apparaît relativement stable sur la période 2010‑2017. L’endettement des ménages allemands s’est en revanche accru, en lien avec la dynamique des prix immobiliers.