Cet article analyse la situation économique et financière des petites et moyennes entreprises (PME) en 2021, en mobilisant la base des comptes sociaux du Fichier bancaire des entreprises (FIBEN) de la Banque de France. L’étude est réalisée à partir d’un échantillon de 245 335 bilans de PME.
1 L’activité des PME redémarre en 2021 et dépasse son niveau d’avant crise
Suite à une baisse marquée de 4,0 % en 2020 liée à la crise sanitaire, l’activité des PME redémarre en 2021, tirée par la dynamique de la demande tant intérieure qu’extérieure (cf. graphique 1). Ainsi, la croissance du chiffre d’affaires (CA) total des PME s’élève à 11,2 % en 2021. Le chiffre d’affaires à l’export, qui représente 8,9 % du CA total, augmente quant à lui de 10,3 % (cf. tableau).
La valeur ajoutée dégagée par les PME est également en forte hausse, de 12 % sur un an, permettant de retrouver, et même de dépasser le niveau d’activité d’avant la crise Covid-19. Pour autant, ce constat général ne concerne pas tous les secteurs. En effet, pour l’hébergement-restauration, si la croissance de la valeur ajoutée est de 12,4 % en 2021, elle ne compense pas la contraction de 38,5 % observée en 2020.
2 La rentabilité des PME augmente grâce à la forte hausse du revenu d’exploitation
L’excédent brut d’exploitation augmente fortement
L’excédent brut d’exploitation (EBE) mesure ce qui reste de la valeur ajoutée après le versement de la rémunération des salariés et le paiement des impôts liés à la production. En 2021, l’EBE augmente considérablement (+ 30,4 %) faisant apparaître ainsi pour la première fois une forte asymétrie avec la croissance de la valeur ajoutée, plus de 17 points d’écart (cf. graphique 2a).
L’étude des contributions à la croissance de l’EBE, (soit les variations des composantes de l’EBE en fonction de leur poids respectif), permet d’expliquer en partie ce décrochage. Ainsi, en 2021, la croissance de la valeur ajoutée (VA) contribue très positivement à celle de l’EBE, pour près de 53 points de pourcentage (pp), tandis que les charges de personnel le font de manière négative, à – 29 pp. Dans une moindre mesure, l’augmentation des subventions (+ 6,5 pp), et marginalement la baisse concomitante des impôts à la production (+ 0,6 pp) concourent également à la hausse de l’EBE. …