Le Bulletin de la Banque de France n°220 : Article 2 L’usage des espèces en France : priorité aux transactions de faible valeur

Cet article exploite les données françaises d’une enquête sur l’utilisation des espèces dans la zone euro, publiée fin 2017 pour le compte de la Banque centrale européenne.

Les espèces s’avèrent être le moyen de paiement privilégié dans les points de vente de la zone euro : elles représentent trois paiements sur quatre et plus de la moitié de la valeur des achats. Les résultats par pays sont toutefois hétérogènes, la France se distinguant par un usage concentré sur les achats de petit montant et par une forte propension aux paiements scripturaux.

Parmi les déterminants de l’usage des espèces, les caractéristiques sociodémographiques des consommateurs (genre, âge, revenu, profession) sont peu significatives. En revanche, les caractéristiques des transactions jouent un rôle prépondérant : en particulier, la part des paiements en espèces diminue lorsque la valeur de la transaction augmente, et elle s’accroît lorsque la transaction s’effectue dans un commerce de proximité.

1. Un usage significatif des espèces en France malgré une préférence déclarée pour la carte

Les espèces sont le moyen de paiement le plus utilisé par les participants français à l’enquête SUCH : 68 % des paiements en magasin ont été réglés en espèces, 27 % par carte et 5 % avec un autre moyen de paiement (principalement le chèque). Ces chiffres placent la France parmi les pays, le Luxembourg, la Belgique, la Finlande, l’Estonie et les Pays-Bas, où la part des espèces est la plus faible (cf. graphique 1). Par comparaison, selon les résultats agrégés de l’enquête, les espèces représentent en zone euro 79 % des transactions en magasin et les cartes 19 %.

En valeur, les paiements en espèces représentent en France 28 % des dépenses au point de vente, soit la part la plus faible en zone euro derrière les Pays-Bas (27 %), alors que la moyenne européenne s’établit à 54 %. Le montant moyen d’un règlement en espèces s’élève à 7,5 euros, contre 12,4 euros en zone euro. Ces valeurs, assez basses, montrent que les espèces sont plus souvent utilisées en France pour régler des achats d’un montant faible. La France est également, après le Portugal, le pays de la zone euro où le montant moyen d’espèces détenues sur soi est le plus faible (32 euros, contre 65 euros en zone euro).

Par ailleurs, dans le cadre du questionnaire complémentaire soumis à une partie des participants, 1 434 personnes ont exprimé leurs préférences en matière de paiement, entre les espèces et les moyens de paiements scripturaux (carte ou autre moyen « non fiduciaire » comme le chèque) ; elles pouvaient également ne pas se prononcer. Au sein de la zone euro, les Français se démarquent par une préférence forte accordée aux moyens de paiement scripturaux, incluant carte et chèque : 66 % les privilégient (proportion la plus élevée avec la Belgique), contre une moyenne de 43 % en zone euro. A contrario, seulement 17 % d’entre eux préfèrent payer en espèces.

 

2. L’usage des moyens de paiement s’analyse à travers des caractéristiques sociodémographiques et de transactions

Les travaux académiques identifient différentes variables explicatives

Les travaux académiques identifient différentes variables explicatives L’économie des moyens de paiement est un thème de recherche fécond (Bagnall et al., 2016). Les travaux académiques visent en particulier à mettre en évidence les déterminants de l’usage des moyens de paiement afin de nourrir des analyses prospectives sur la demande de monnaie.

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Le Bulletin de la Banque de France n°220 : L’usage des espèces en France : priorité aux transactions de faible valeur
  • Publié le 12/11/2018
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Mis à jour le : 12/11/2018 12:13